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Qui Suis-Je ?

  • : Le blog de Cacahouete
  • : Pour tous les amoureux de Jésus; pour tous ceux qui ont la foi; pour tous ceux qui croient en la vie éternelle; pour tous ceux qui attendent le retour de Jésus; pour tous ceux qui louent, adorent et prient Dieu; pour tous ceux qui aiment écrire.
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Chapitre 7 : « Les tribulations d’Artichounette » par Isabelle

 

 

Des quatre, j'ai toujours été la moins chanceuse. Lors de ma naissance, en sortant des ateliers Rigamonti et Fils, j'avais déjà un air bancal. En fait, le Père Rigamonti, ébéniste de son état, avait fabriqué avec amour et talent, trois magnifiques chaises pour le bistrot du Vieux Port et à cette époque, il tentait désespérément de donner un sens à son enseigne "Rigamonti et Fils" en inculquant un minimum de conscience professionnelle à son bon à rien de fils. Et j'en avais fait les frais, puisque c'est à travers moi que sa maladresse s'était exprimée. Fort heureusement, le bois dans lequel nous avions été conçues toutes les quatre était de première qualité. Mais j'étais différente de mes sœurs, c'est le moins qu'on puisse dire. Le patron du bistrot avait bien évidemment tiqué au moment de payer la facture et finalement, le Père Rigamonti m'avait offert, et avait ensuite scié son enseigne en deux, faisant disparaître le "et Fils".


J'avais, entre autres, un pied plus court que les autres. Comme le sol du bistrot n'était pas non plus très plat, les clients arrivaient tant bien que mal à me caler. Ils se servaient volontiers de moi dehors, là où les petits cailloux de la place faisaient paraître mon infirmité moins importante. Mais malgré la gentillesse et la compréhension de Célestine, Fadette et Rosette, j'étais toujours dévolue au dernier arrivé, au touriste de passage ou, pire encore, à celui qui venait de passer plusieurs heures accoudé au comptoir, à descendre des pastagas bien tassés et s'affalait lourdement sur moi, sans aucun égard pour mon infirmité.

La jolie Célestine reluisait, on la bichonnait. Elle attirait tous les regards, bien que son esprit farceur la pousse parfois à se dérober sous le postérieur d'un client indésirable... Fadette, la plus sérieuse, nous remettait toujours en place et n'aimait pas que nous traînions à droite ou à gauche, loin d'une table, voire les quatre pattes en l'air comme ça m'arrivait plus souvent qu'à mon tour ! Quant à Rosette, ah ! Rosette, une véritable star celle-là. Une classe folle. On n'aurait pas pu dire pourquoi, car la ressemblance entre nous était frappante, mais Rosette avait un petit quelque chose de plus qui faisait qu'on la respectait. Il était rare qu'elle se retrouve dehors, elle. Cela dit, cela ne me déplaisait pas. Parfois le soleil me chauffait un peu trop, mais comme on m'oubliait souvent le soir, après la fermeture, il m'est arrivé des aventures auxquelles aucune de mes soeurs ne peut prétendre.

 

Par une belle nuit remplie d'étoiles, je fus témoin d'une scène magique que je ne suis pas prête d'oublier ! Un couple est arrivé, sortant de nulle part. Je les ai vu s'avancer vers moi, la main dans la main, ils semblaient flotter dans la nuit, tout auréolés de lumière irisée. Ils sont passés devant le bistrot du Vieux Port. Ils parlaient d'une voix très douce. "Quelle magnifique idée tu as eu de nous arrêter ici, Paul" disait la femme. Elle était grande et mince, ses longs cheveux blonds flottaient librement sur ses épaules, retenus en arrière par une paire de lunettes noires. "Dommage que ce petit bistrot soit fermé, je me serais bien encanaillé une dernière fois" lui répondit l'homme en l'enlaçant, à quelques mètres de moi.
-  Venise était merveilleux, reprit-elle. Je n'ai aucune envie de rentrer à Paris.

- Nous n'avons pas le choix mon Amour. Mais assieds-toi, j'ai encore quelque chose à te dire.


La femme a posé sur moi son joli derrière rebondi moulé dans un jean. Elle ne pesait rien du tout, je la portais à peine. Ce que j'ai perçu par contre, c'est une immense tristesse, toute mêlée d'un étrange bonheur. J'ai alors réellement perçu ce qu'elle ressentait. C'était tout bonnement incroyable. A cet instant précis, elle a décidé de faire abstraction du passé et du futur pour ne vivre que ce moment, le seul qui compterait désormais. L'homme s'est agenouillé devant moi... euh, devant elle je veux dire, et d'une voix comme je n'en avais jamais entendu auparavant, il murmura :

- Ces deux jours à Venise ont été les plus magnifiques que j'ai jamais vécu et je te les offre comme preuve de l'amour que je te porte. Tu es à moi pour l'éternité et tu me trouveras à chaque instant dans l'immensité des cieux, dans la profondeur des nuits d'automne, ou dans la clarté des étoiles...


A ce moment là, je n'ai pu retenir un léger craquement du dossier. Je crois même qu'un reste de sève a jailli d'un de mes barreaux... Puis ils ont disparu comme ils étaient arrivés, c'est à dire sans que je m'en aperçoive. Je suis restée toute bête, légèrement de guingois, comme à mon habitude, l'empreinte du corps de la jeune femme à jamais marquée dans la paille de mon assise... Sans avoir vraiment compris ce que j'avais vu.

 

J'ai pensé à mes copines Célestine, Fadette et Rosette, si seulement elles avaient pu voir cela ! Mais elles étaient déjà parties, Célestine avec son Emile chéri, Fadette m'avait quitté pour Paulo et jouait à la pétanque, quelque part dans un village voisin, quant à Rosette, je crois qu'elle était montée à la capitale avec une artiste de music-hall.

 

Un peu plus tard cette même nuit, une camionnette a stoppé brutalement devant la terrasse du bistrot et tout est allé très vite. Un homme en est sorti, m'a violemment attrapée par le dossier avant de me projeter brutalement dans la devanture de l'établissement. Je me suis retrouvée cassée en plusieurs morceaux, gisant sur le sol comme une poupée désarticulée, un de mes barreaux avait atterri sur le bar, brisant au passage le percolateur avant de retomber lamentablement dans le bac de lavage où traînaient encore quelques verres sales

 

Je ne sais plus exactement ce qui s'est passé ensuite. J'étais KO. Kaput, hors service. Plus bancale, non, bien pire que cela. Un semblant de vie me parcourait encore, mais franchement, je n'étais pas belle à voir, ça non ! On a mis mes morceaux dans un carton, et j'ai entendu mon propriétaire annoncer que de toutes façon, vu l'âge que j'avais....

 

Il s'est passé du temps. Beaucoup de temps. Mais le temps-chaise est heureusement bien différent du temps réel. Un jour, j'ai reconnu la voix de Paulo dans le bar :

-    Tute souvieng, dang le temps, t'avais uneu chaiseu qu'avait unn pied plus coureu que les otres ? Ousqu'elle est ?

-    Ô Peuchère, je crois bieng qu'elle est dang le débarras...

 

Il farfouilla tout autour de moi un moment avant de me retrouver. Puis il tendit à Paulo le carton qui contenait mes reliques.

« Tu sais, reprit Paulo, monn petit, il a cinque ans maingtenang. Aveque Fanny, on a pengsé que ce serai bien qu'il ai sa petiteu chaise à lui... Je vais la réparer et couper ses pieds tousse à la même hauteur... Il va être heureux comme ung Pape monne petit ! »

 

Et par un bel après-midi ensoleillé, Célestine, Fadette et Rosette faillirent bien tomber à la renverse lorsque Paulo arriva sur la place St Pierre en me tenant par la main et m'installa à l'ombre des platanes, au milieu d'elles trois. Il me prit tendrement dans ses bras avant de me retourner devant son fils :

- Tu vois Petit, Artichounette, c'est la Sœureu de Célestine, de Fadette et de Rosette. On l'avait perdue! depuis plusieureu zannées, et je me suis souvenu qu'elle avait ung pied plus coureu que les otres... Aloreu je les ai coupés à ta tailleu fistong... Mais regarde bieng là, la petiteu croix gravée dang song pied, eh bieng je l'ai refaiteu, pour toi, et pour que tout le mondeu sache à quelleu famille elle appartieng

Depuis, je trône sur la place St Pierre, avec mes trois sœurs qui veillent jalousement sur moi, et je suis réservée aux enfants et à ceux qui ont... les jambes un peu courtes !

 

 

A suivre ...

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