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  • : Le blog de Cacahouete
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Chapitre 9 : « Le départ d’Artichounette » par Florence

 

 

« Fadette, tu dors ? »

« Rosette, tu dors ? »

« Artichounette, tu dors ? »

« Allez, zou, levez-vous ! Est-ce que je dors, moi ? J’ai envie de parler ! »

« Loïc, Pierrick, vous dormez ? »

O ceux-là, ils ont bien roucoulé après ma Rosette et mon Artichounette, vé comme ils pioncent !

Elle avait bien raison, la sœur Barreau, quand elle nous répétait de nous méfier des tabourets, bancs, transats, repose-pieds et même prie-dieu !

« Ils n’en veulent qu’à votre petit capital, disait-elle, et quand ils ont eu ce qu’ils veulent, ils vous laissent tomber comme du vulgaire bois ! »

Célestine s’était souvent demandée ce que c’était ce petit capital… Mais, bon, la sœur Barreau avait de l’expérience ! Elle savait !

 

Le silence résonnait.

Célestine écoutait tomber la pluie, doucement sur les tôles du cabanon.

Elle pensait à cette soirée passée à écouter cette musique du nord. Un enchantement ! Les caisses claires, les cornemuses, les binious. Comme elles avaient vibré au son de cette musique d’estrangers !

C’est comme quand elle avait entendu, pour la première fois, les chants des bergers corses. Comment s’appelaient-ils ces chants ? Ah, elle se faisait vieille, sa mémoire flanchait ou peut-être c’était la maladie d’Alz…, enfin la maladie qui fait que le teston se vide tout le temps sans rien garder. Té, elle en avait connue une, de chaise, qui savait plus comme elle s’appelait et d’où qu’elle était, peuchère. Mais, tant, c’est mieux de rien se rappeler, ça dépend des souvenirs !

Bon, alors, ces chants des bergers corses, comment il les appelait l’Emile ? Ah oui, « e paghjélle » (prononcez é badyéllé).

Elle en avait écouté, Célestine, de ces chants à plusieurs voix (polyquelquechose …).

L’Emile lui avait raconté que les bergers, d’une colline à l’autre, s’appelaient en chantant et mettaient leur main sur une oreille pour mieux s’entendre, au milieu des bêtes qui pâturaient. Maintenant, il paraît que c’est plus des bergers qui chantent (peut-être leurs enfants ?) et que ça se passe plus dans le maquis, mais dans des églises ou des endroits publics. Ca fait rien, c’est beau quand même, parce que, dans leurs chants, c’est leurs âmes qui parlent.

Elle avait vibré en les écoutant, comme hier soir, au son de la musique des estrangers.

La nostalgie l’envahissait et la pluie n’arrangeait rien. L’île lui manquait, ses paysages sauvages, l’odeur de la mer et du maquis, les habitants fiers au gros cœur tendre et l’Emile.

Bàsta, Célestine, stà serena ! Elle se raisonnait toute seule, quand elle se sentait déraper vers une crise de nostalgite aiguë.

 

« Fadette, tu dors ? »

« O Célest, t’as le trémoulli, ce matin ? Tu nous les assommes, les esgourdes ! Vas-y, dis ! »

« J’ai le vague, ce matin, Fadette, j’ai le vague ! »

« Comme, t’as le vague ? Tu dérailles, tu vas nous faire une embouligue ou quoi ? T’as le vague de quoi ? »

« Je déraille pas. J’te dis que j’ai le vague qui me remue. L’Artichounette, elle va partir, je le sens ! »

« Mais, t’as pas fini de te triturer les méninges ! L’Artichounette, elle est là, elle se repose. Et où tu veux qu’elle aille, toute seule ? »

« Fadette, tu me connais, toi. Tu sais que je dis pas ça pour remplir la conversation. Et puis, des méninges, j’en ai pas. C’est dedans que ça me parle, dans mon bois, tout profond. L’Artichounette, elle va partir, je le sais, c’est tout ! »

« Célest, tu me fatigues. Té, je me rendors ! »

 

Des journées et des nuits ont passé et … rien ne se passa. Le quatuor boisé était toujours là, flanqué des deux amoureux transis.

Célestine était un peu rassérénée, quoique, parfois, une angoisse sourde lui montait du tréfonds de sa sève. Fadette, qui la connaissait bien, la houspillait quand elle voyait sa sœur s’assombrir.

 

Un matin, Paulo débarqua, suivi du pitchoune qui dévorait sa pissaladière, ouvrit en grand les portes du cabanon et annonça : « Les filles, aujourd’hui, c’est débarras ! Ce cabanon, y me donne le tournis tellement c’est la panique dedans. Alors, lou pitchoune et moi, on va ranger ! »

Et de fait, il se mit à tout sortir, aidé par les menottes gluantes d’anchois et d’oignons du petit.

Nénesse, derrière son comptoir, observait Paulo.

« Et bé, Paulo, ton cabanon, c’est comme le sac de Mary Poppineu ! Je te regarde et je m’impressionne : et tu en sors, et tu en sors, que je me dis que tu vas remplir la Place, avec toutes tes vieilleries !  Dis, tu devrais bigophoner aux Emaüs, pour te débarrasser »

« Qué vieilleries ? C’est toi la vieillerie la plus vieille !

Et, d’abord, toi, tu sers à rien ! Les filles (il parlait de nous !), elles, au moins, elles sont utiles. Et je dirai même mieux, elles sont e-ssen-tielles à l’humanité. Passeque, sans elles, on s’assoirait par terre, comme les bêtes ! Alors, grâce à elles, on s’élève ! Oui, Môssieur, on s’élève !»

« O pauvre ! Elles sont vieilles comme Erold et pour le soutien, tu peux toujours repasser, elles tanguent, comme le Ferry Bohat quand y a le mistral. Jette-les ou donne-les à la Fanny, pour la cheminée, cet hiver ! »

« Ecoute, Nénesse ! D’abord, c’est pas Erold, mais Hérode ! Pour sûr, un cafetier, il a que la culture du coude ! Et puis, j’ai pas de conseils à recevoir, ni de toi, ni de personne ! »

La discussion s’arrêta là. Nénesse connaissait Paulo et savait quand il était temps de se taire.

 

Paulo nous avait sorties et mises sous les platanes, à l’ombre, avec les deux amoureux de la Rosette et de l’Artichounette.

Il travailla une bonne partie de la journée à trier tout le bric-à-brac du cabanon.

Sur la place, les parties de boules s’enchaînaient, de plus en plus enflammées. Il faut dire qu’aujourd’hui, l’heure était grave : des parigots étaient venus boire l’apéritif chez Nénesse et, après quelques tournées bien tassées, avaient défié aux boules les joueurs de la Place Saint Pierre.

O Bonne Mère, y allait avoir du sport !

Paulo, malgré les appels répétés de ses collègues, continua à débarrasser. A droite, de notre côté, sous les platanes, c’était là qu’il mettait ce qu’il gardait. Et nous étions déjà envahies de tables, radasses de plage, réchaud à gaz, cordes, filets de pêche et tout le saint-frusquin. A gauche, c’était poubelle. Et ce coin là était beaucoup moins occupé que le notre !

Faut juste ranger, un peu, pensait Paulo, le mouchoir blanc noué aux quatre coins sur la tête, suant sang et eau et rageant intérieurement contre Fanny, qui l’avait envoyé ce matin faire le débarras. Il entendait les cris des boulistes. La partie était serrée.

« Je leur montrerai bien de quel bois je me chauffe à ces parigots ! Euh, pardon, les filles, je voulais dire que .. enfin, vous avez compris, quoi ! Et puis, ça m’énerve d’être là à m’escagasser, alors qu’à côté, c’est une question de vie ou de mort ! Mais, bon, la Fanny, je peux rien y dire, je me l’aime trop fort. Alors …»

 

« Dis, petit, il est où ton père ? »

« O Pa, y a Un quelqu’un qui te cherche ! »

Paulo sortit la tête d’un monticule d’objets entassés.

« C’est pourquoi ? », demanda-t-il.

« Excusez-moi de vous déranger, Monsieur, mais je vous regarde depuis un moment et je me demandais si vous seriez d’accord pour me vendre un objet »

A son accent pointu, Paulo comprit que c’était un estranger.

« Et pourquoi, je vous vendrais quelque chose, moi ? Je vous connais pas ! »

« Je comprends, Monsieur, mais je vais vous expliquer pourquoi, peut-être, vous auriez une raison de me vendre ce que j’ai déjà repéré.

 

Tout d’abord, je me présente. Je m’appelle Antoine Duperré et je suis gardien de cimetière à la Capitale. J’aime mon métier et je suis un honnête homme. Je dirais même plus, je suis un sentimental.

 

Il y a quelques années, ma vieille tante, qui, la pauvre, était restée vieille fille, mourût et, parmi les objets que j’eus d’elle en héritage, figurait une chaise. Vous me direz que c’est là fort commun. Mais je vous l’ai dit, je suis un sentimental. Bref, je me suis attaché à cette chaise, que j’ai amenée partout avec moi et surtout sur mon lieu de travail. Je m’asseyais sur elle et nous passions de longues heures à méditer, les lieux où nous nous trouvions étant fort propices à cela.

 

Un jour, elle disparût et mon chagrin fût immense. Comme dit le poète : « un seul être vous manque et tout est dépeuplé ». Mais je gardais l’espoir, un jour, de la retrouver.

Et quelle ne fût pas ma surprise, quand, aujourd’hui, en villégiature dans votre joli bourg, je remarquai le petit mobilier entreposé sous les platanes. Je ne la reconnus pas tout de suite. Ses barreaux avaient été sciés. Mais, m’approchant, je constatais, à mon ravissement, que le scélérat-réducteur avait tout de même, dans un geste expiatoire, gravé une petite croix à l’intérieur de son pied avant droit. C’était elle, mon Artichounette, nul doute. Je l’avais retrouvée.

 

Voici donc, mon histoire, cher Monsieur et, si vous en êtes l’heureux propriétaire et de ce fait homme de coeur, je ne crains pas de refus de votre part »

Nous avions tout entendu.

 

Artichounette vibrait de joie. Fadette et Rosette vibraient de sentir vibrer leur sœur. Célestine restait de marbre, si on peut dire. Et les deux amoureux restaient cois, essayant de comprendre.

 

Paulo soupira. Il nous regarda, nous les quatre, puis le petiot et en dernier l’importun.

Le pitchounet s’avança vers Artichounette, mit ses mains poisseuses sur son dossier et lui demanda :

« T’as entendu ce qu’il a dit le monsieur. Moi, je serais pas pour, que tu partes. Je t’aime bien, tu sais et tu me manquerais. Mais, moi, je suis petit. Alors, j’peux pas faire comme les grands qui décident toujours pour les petits. Tu es libre, mon Artichounette. Et si t’as envie de partir, fais-le. Moi, j’t’oublierai jamais ! »

 

Un grand silence s’ensuivit. Même les boulistes fous s’étaient tus. Paulo posa lui aussi sa main sur Artichounette et comprit aussitôt.

 

« Monsieur, je vous la vends pas, l’Artichounette ! Je vous la donne, parce que l’amour, ça se monnaye pas. Mais je vous la donne à une seule condition, c’est que vous preniez aussi son estranger d’amoureux ézotique, Pierrick, y s’appelle. Passeque sinon, l’Artichounette, sans lui, elle aura la tristesse qui lui rongera le bois. Alors, voilà, c’est les deux ou rien ! »

  

Le regard luisant de larmes et de joie, Antoine Duperré s’avança vers le pitchounet, le prît dans ses bras et le serra fort contre lui. Puis, il tendit la main à Paulo pour sceller leur accord. Et le Petit se demanda pourquoi la bosse qui sortait de la gorge du Monsieur - la pomme de quelque chose, il se souvenait plus, peut-être la pomme d’Api, non, enfin bref, cette bosse, elle arrêtait pas de monter et de descendre, pendant qu’il serrait la main de son père.

 

Antoine Duperré alla chercher sa voiture pour charger les deux amoureux. Le temps s’était arrêté. Fadette et Rosette, quoiqu’un peu tristes, étaient contentes pour Artichounette qui avait retrouvé l’amour de son ancien-nouveau propriétaire et qui avait rencontré le grand Amour avec Pierrick.

« Vous m’en voulez pas ? », demanda la petite Artichounette.

« Mais noooon, on est contentes pour toi ! », clamèrent de concert Fadette et Rosette.

« Et toi, Célestine, tu m’en veux ? »

Célestine ne répondit pas … tout de suite, puis :

« Vas où ton cœur te mène, petite sœur, mais sache que nous sommes toutes quatre faites du même bois, de la même sève et que, même séparées, nous ne serons jamais désunies »

Antoine Duperré installa ses nouveaux passagers et, d’un geste de la main, les emporta vers d’autres horizons.

 

En cette fin d’après-midi, le soleil déclinait, la nuit s’avançait. La tristesse et la joie se mêlaient. Célestine avait le vague, comme elle dit. Mais, demain sera un autre jour, et ça aussi, elle le dit souvent.

 

A suivre ...

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